Jours 5 & 6 – Canou et caillous

Jour 5 – Lac de Brienz et Wasserfalls

[Maël]

Aujourd’hui, nous nous réveillons sur le port du lac de Thoune. La nuit fut reposante, malgré les quelques personnes s’adonnant le soir aux joies du 0 à 100 sur la petite route à côté de nous (on a fait la course avec eux avec notre puissant Citroën Jumper).

Nous avons deux choix aujourd’hui : faire 2h de route vers les gorges du Rhin, pour une rando pas piquée des hannetons, ou profiter du lac de Brienz en canoë (aka: canou en allemand)

Nous choisirons la seconde option, en espérant pouvoir avaler quelques kilomètres une fois notre activité terminée.

Après une quarantaine de minutes, nous arrivons à Iseltwald, charmante bourgade jouxtant le lac de Brienz.

C’est vraiment un village de cartes postales, Achille note avec raison que les maisons posées ça et là sont sûrement des décors de cinéma tellement tout est propre et bien agencé. Comme hier, nous cherchons les fonds verts derrière les arbres, mais ici même les fonds verts ont des fonds verts (ça sonnait mieux dans ma tête c’est booooooon)

Saurez vous trouver le Achille caché dans cette photo?

Nous arrivons dans une petite agence de location de canou, le gérant est vraiment trop sympa, gueule de surfer super détendu (La légende raconte qu’il nous aurait même demandé si ça fartait par ici). On dirait qu’il a choisi de ne pas vivre dans la richesse absolue, et que les revenus que lui apportent la location des kayaks et canoés suffit à subvenir à ses besoins et de kiffer sa vie. Vraiment un charmant personnage. So much for the analyse économique, passons à l'(action)°!

C’est ainsi que votre trio de choc s’engage dans l’immense lac de Brienz. L’eau est plate et les conditions idéales pour naviguer. On se sentirait presque prêtes à braver les eaux de l’Atlantique!

L’occasion parfaite pour se raconter nos meilleures anecdotes gênantes (je ne développerai pas plus)

Nous apercevons une petite île fort sympathique à distance de rame, et décidons d’y accoster.

Auxane décide courageusement de tenter une baignade tandis qu’Achille et moi restons avachis sur notre navire. Nous voyons un gros bateau passer au loin.

Quand toudincou! Du calme naît le chaos, l’infinitésimale probabilité que les fonctions d’onde de toutes les particules du lac se superposent devient, en un instant, une réalité prégnante.

Des gigantesques vagues se forment et commencent à nous secouer. Nous manquons de chavirer et nous retrouvons trempés. La moitié du lac a coulé dans ce qui est désormais une réplique du titanic (la photo de Maël et Achille prise la veille s’est avérée être du foreshadowing), et le téléphone d’Achille (réputé waterproof mais jamais testé) fait trempette dans l’eau. Son baptême de l’eau n’aura pas laissé de séquelles (ouf!).

Jour 5 du voyage, 15h19, 2025 (colorisé)

Après avoir rendu le canou, nous méritons bien une pause raclette!

On a fait envie à nos voisins de table (je les comprends, même moi j’en ai l’eau à la bouche en revivant ces instants)

Après quelques courses, nous reprenons la route direction les chutes de Giessbach, à quelques encablures de là.

(redacted)

Nan je déconne, maintenant y’a prescription je peux tout vous raconter! (Merci Auxane d’avoir mis 6 mois à publier ton article, désormais je peux raconter ce que je veux).

Là où le camping car passe, les rails de sécurité trépassent

Ndlr: Papa, maman, toute référence à des situations ou des personnes ayant réellement existé n’est que purement fortuite et ne saurait représenter un motif de poursuites.

Prêts pour le frisson du risque? L’Anecdote avec un grand A qu’on pourra raconter à nos petits enfants et à leurs petits enfants?! C’est parti!

Il fallait bien que les français que nous sommes apportent un peu de chaos à ce petit pays bien rangé qu’est la Suisse.

Je propose à Auxane de conduire (ça faisait quelques temps qu’elle n’avait pas piloté le bolide), ret dans un même mouvement j’ouvre mon outil de navigation préféré (oui, le même qui a voulu nous faire grimper le long de la falaise hier). Celui-ci me tient à peu près ce langage: « Tkt frère, y’a 20 min de route et 20km ». L’homme de Sciences que je suis active ses neurones et en déduit deux informations importantes:

  • Notre vitesse moyenne sera de 60 km/h.
  • Une rapide estimation de la topologie de notre trajet me permet de me dire que, globalement, ce sera beaucoup d’autoroute à 100km/h et un peu de ville (50 km/h). Le trajet a pas l’air trop wiggly, maths are mathing, let’s go baby. Ca devrait être un smooth ride comme on dit dans le finistère nord.

En effet, la première moitié de notre trajet est de l’autoroute à 100 km/h, et tout roule comme sur des roulettes finalement.

Sauf qu’à un moment ça commence à grimper, et on a à peine le temps de contempler les magnifiques vallées bien rangées de la vallée de Thoune que la largeur de la route est divisée par deux. Pour rappel, notre bolide mesure deux mètres quarante de large. Vous savez ce qui est plus large que deux mètres quarante? Un Iveco Bus Crossway LE (2m50). Heureusement que c’est pas ce modèle là qu’on va croiser par la suite dans les mêmes routes sinueuses.

Nan ça va, on va juste croiser un modèle équivalent.

Je vois alors Auxane se transformer en cachet d’aspirine (référence à la couleur, ndlr (note de la rédaction)) à la vue du mastodont que nous allons croiser (globalement ça va se jouer à 5cm de chaque côté si on rentre le ventre). À la question « Euh Maël est-ce que je passe là? », je réponds, goguenard « oui essaie, de toute façon on verra bien si ça passe ».

Au début tout se passe bien, sauf que de plus en plus, Auxane est stressée parce qu’elle ne veut pas toucher le bus à notre gauche, et moi je suis stressé parce que je veux pas qu’on touche la rambarde dont on se rapproche dangereusement.

Je tente un petit « euh Auxane faut vraiment pas que tu te rapproches plus de la barrière là, on est vraiment très très très (…) proche ». Malheureusement mon cri de détresse ne sera pas entendu, et ce qui devait arriver arriva, scrounch.

Pour sa défense, la conception des rétroviseurs (et notamment des brise-vue intégrés au bas de la vitre) empêchent de voir correctement les objets à hauteur de roue, tels que des rambardes, et j’ai moi-même échoué le bolide sur un plot de sécurité orange lors d’une manoeuvre quelques années auparavant (et pourtant on m’avait également prévenu de sa présence).

Petit mot pour les ingénieurs chez Adria qui ont réfléchi aux positionnement des sus-mentionnés brise-vues: J’espère que vous avez pas fait les arts pour usiner un truc aussi ren’s bande de gros crapals.

Donc bienvenue dans le club très fermé (constitué de moi, mon papa qui recule dans la haie, et toi-même) des scrouncheurs d’Adria Auxane!

Le jusqu’ici dénommé bolide peut désormais être qualifié de mochelide, et c’est ok (on l’aime quand même malgré ses égratinures).

Fin de la réactivation traumatique Auxane, tu peux reprendre ta lecture à partir d’ici 👍

L’ambiance n’était d’un coup plus tout à fait au beau fixe dans ce mochelide, mais qu’à cela ne tienne! Je prends le volant, et nous nous engageons à vive allure vers notre destination.

Une fois les mamies décollées du pare-brise, nous partons à pied gambader. La cascade est magnifique et donne une belle vue sur le bout du lac de Brienz.

Non, ça c’est pas le lac de Brienz

Là c’est mieux

Une fois les mirettes remplies de beaux souvenirs, nous décidons que nous avions eu assez d’émotions pour aujourd’hui, et nous échouons sur un parking proche d’une caserne de pompiers.

Jour 6 – Rallye dans les montagnes

Nous avons trois heures de route à faire aujourd’hui jusqu’à notre point de ralliement: la ville de Damüls, en Autriche. Nous répartissons la conduite équitablement entre nous 3: 1h d’autoroute pour Achille, 1h d’autoroute pour Auxane, et 1h de ????? pour moi.

Il y a des moments où le temps semble s’allonger indéfiniment, et lorsque j’ai vu Waze (non non j’apprends toujours pas de mes erreurs) m’indiquer « 1h de route, 30km, fais tes prières », j’ai compris que j’allais passer un bon moment.

Chouette! Une route de 3m de large pour notre cc de 2.4m. Quel morceau de chance pour les amateurs de course de cote

Il s’avère que je me retrouverai à parcourir une route de col sur laquelle personne n’est aussi fou que nous pour s’engager quelque chose de plus gros qu’une moto. Fun fact: le compteur de la wohnmobil bloque à 50 litres au 100km.

La meg’ n’aurait fait qu’une bouchée de ces satanées routes de col, mais mes deux comparses ne voulaient pas partir 3 semaines dans un véhicule d’un tel standing, et je les comprends.

M’enfin, so long pour ces considérations techniques et bétonnières, allons profiter de ce pourquoi nous sommes venus ici!

Nous arrivons sains et saufs sur un parking en bas d’un téléphérique. Mes comparses me proposent une rando sympa qui est à encore 10 minutes de route de route de notre position, mon regard désespéré (d’aucuns diront qu’il était réprobateur) les convaincra de commencer une rando là, ici, maintenant.

À notre grand bonheur, ayant franchi la frontière autrichienne, le tarif de la montée mécanique est magiquement divisé par 3.

Nous Je profite de la montée pour dire « Hallo » avec mon meilleur accent allemand aux quelques malheureux qui auront la malchance de nous croiser dans leur cabine. Les seuls qui nous répondront seront des enfants en bas âge, visiblement aussi thrilled que moi de parler aux étrangers.

Après que les touristes m’aient brisé le coeur (ils n’ont pas répondu à mes « hallo » fort convainquants), c’est au tour du mont Elsenkopf (ça veut dire « Everest » en autrichien) de me briser les jambes. (Ca s’annonce pas bon pour le reste de mon corps pour cette journée moi je vous le dit)

C’est parti pour 100m de dénivelé (vous me direz, c’est pas beaucoup!) avec une pente à 45 degrés (aïe).

Encore pour Auxane et Achille, catégorie poids plume, la montée est facile. De mon côté, je me sens un peu comme Sisyphe et son rocher. Sans rocher.

POV: Moi

Après avoir rempli la vallée de fumée noire, j’arrive enfin en haut de la montagne. Un beau morceau de gruyère du réconfort (en allemand gruyercompfortzieren) m’attend.

La bonne nouvelle, c’est que maintenant on ne peut que descendre! Ca devrait pas être la croix et la bannière (vous l’avez?)

Quelques vaches nous barrent le chemin de la descente, mais nous parvenons à les éviter (c’est grâce à ma connaissance avancée des bovins sauvages [en l’occurence les bisons])

Nous déambulons dans ce qui semble être des fonds d’écran de windows XP.

C’est la vache Milka (mais le chocolat qu’elle a produit était dégueu, 0/10 would not do it again)

Après avoir repéré un parking sympa en hauteur, je remets ma casquette de conducteur fou des montagnes, et nous hisse au dessus des nuages, où nous passerons la nuitée.

Les femmes grimpent aux rideaux, les hommes grimpent dans ce bolide

Ce soir on continue de regarder Aliens, jusqu’à ce que les batteries nous lâchent (c’est à dire au bout d’une demi-heure). Je pense qu’elles ont voulu nous préserver de la daube qu’était Alien 3.

Extinction des feux, bonne nuit et à demain!

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